Spécialiste des systèmes d'information et de communication
En Gendarmerie depuis 2010, j'ai connu le statut de gendarme adjoint volontaire dans le Finistère en peloton motorisé, de gendarme mobile en Saône et Loire (71), de gendarme départemental dans le Doubs (25).
Fort de cette expérience accumulée et d'une meilleure connaissance des métiers proposés en Gendarmerie, j'ai fait le choix en 2017 de poursuivre ma carrière dans la filière des systèmes d'information et de communication (SIC), peu connue et pourtant forte de plus de 1400 hommes et femmes !
J'ai eu la chance de servir en qualité d'administrateur réseaux au sein des datacenters de la Gendarmerie pendant 6 ans, avant d'arriver dans mon affectation actuelle, la section opérationnelle de lutte contre les cybermenaces de Seine-et-Marne (77).
La polyvalence au profit de l'institution
Le métier de SIC, c'est par définition la polyvalence et l'adaptation.
En qualité d'expert en organisme central, le quotidien c'est le déploiement et la maintenance des systèmes, des réseaux et des applications qui profiteront à l'ensemble des forces de sécurité intérieure. Une haute responsabilité quotidienne ! Affecté sur un domaine, on nous demande de maitriser sur le bout des doigts notre sujet.
En qualité de spécialiste SIC en département, c'est du soutien opérationnel au profit de tous les gendarmes du département, en touchant au quotidien autant à l'informatique, à la téléphonie fixe et mobile, au réseau, à la radio, en passant par la sensibilisation des camarades, des collectivités territoriales et des entreprises aux risques cyber. Un métier vital, car à l'ère d'une forte transformation numérique, le gendarme peut vite se retrouver en danger s'il ne peut plus communiquer ou consulter les fichiers par exemple.
Indispensable !
Comme je le disais, on est rares ! 1400 pour soutenir tous les moyens numériques, téléphoniques, radio de la Gendarmerie, on n'a pas le temps de s'ennuyer.
À défaut très méconnus par le grand public et peu mis en avant par l'institution, notre objectif est d'être invisibles. Paradoxal pour un vivier vital? Tant que ça marche, on ne cherche pas à nous trouver. Mais à l'ère du gendarme numérique, équipé individuellement d'un téléphone portable, d'un PC, profitant d'une modernisation des moyens de communication, c'est cette polyvalence qu'aiment le plus les militaires de la filière.
En plus, la filière est en pleine transformation, avec la fusion entre les SIC et les enquêteurs spécialisés en nouvelles technologies (NTECH). Le temps que vous nous rejoigniez, vous aurez le choix entre mettre vos compétences techniques soit au profit de vos camarades, soit au profit du monde judiciaire en étant requis pour faire de la recherche de la preuve numérique sur des moyens saisis, faire de la recherche en source ouverte ou même faire de l'enquête sous pseudonyme !
Sois motivé et convaincu !
Pour une carrière en Gendarmerie, commence par être motivé ! Ce sera le vrai seul moteur pour avancer, progresser et surtout aimer son quotidien. Si tu te lèves le matin et que t’as pas envie, c’est toujours plus compliqué.
La Gendarmerie a cet avantage de rendre ordinaire un quotidien extra-ordinaire. Il faut donc pouvoir l’assumer physiquement et émotionnellement, que ce soit dans les bons moments que dans des instants plus compliqués. Ah c’est sûr, 90' enquêtes et Enquêtes d'actions te montrent ce dont tu rêves dans l’institution ! Mais derrière, pour que ce que tu voies à l’image fonctionne, ça implique de la disponibilité, un intérêt pour le travail en équipe, le respect des règles, de la rigueur, de la curiosité.
Pour la filière SIC ? C'est un peu pareil. On te demandera d'être autonome, débrouillard, parfois même imaginatif. J'insiste sur un point : il n'est pas indispensable d'être un geek ! Simplement, avoir une appétence pour le numérique paraît évident. Mais tous les SIC ne sont pas des joueurs pro qui passent leur vie privée entre jeux, Discord et Twitch ;) Certains passent même plus de temps dans les magasins de bricolage et sur leur atelier que sur des PC !
Un diplôme de technicien, des responsabilités d'ingénieur
Les projets dont je suis le plus fiers ? Ceux menés en qualité d'administrateur réseaux !
--> Vous n'y connaissez rien en informatique :
Mon quotidien était de faire en sorte que chaque personne ou application ait accès à ce à quoi il a droit. On peut comparer ça à un aéroport : il y a des personnes ou des marchandises qui demandent à transiter. Il faut contrôler la personne ou le paquet, s'assurer que c'est bien lui ou le bon contenu, contrôler où il veut aller et s'il en a le droit. Dans cet univers, il faut actualiser les fiches, les moyens, les moderniser... C'est tout ça un administrateur réseaux.
--> Vous êtes initié :
En plus des tâches quotidiennes de gestion des LAN aux niveaux 2, 3 et 4 du modèle OSI et de la répartition de charge, une fois l'expérience acquise, on est vite lancé en autonomie ou en équipe suivant la taille du projet sur des déploiements ou des migrations d'équipements réseaux, ou des évolutions d'architectures. Ayant personnellement un goût pour la commutation SAN, j'ai par exemple grandement participé à la modernisation d'une architecture complète, du cœur à la distribution. Faire une liste des projets auxquels j'ai participé serait trop long, et vous pensez bien que ça reste un sujet sensible ;)